Choisir le bon modèle d’abri de jardin en bois
L’installation d’un abri de jardin en bois commence bien avant la phase de montage. Le choix du modèle conditionne la durabilité de la structure, sa facilité d’assemblage et son comportement dans le temps. Pour un bricoleur expérimenté ou un professionnel, il est essentiel d’analyser la section des bois, la conception de l’ossature, le type d’assemblage et la qualité du traitement.
Les abris en bois se classent généralement en trois grandes familles :
- Abris à panneaux préfabriqués : parois livrées en panneaux complets, souvent en bois raboté de faible section. Montage rapide mais rigidité parfois moindre, surtout en cas de vent fort.
- Abris à madriers emboîtés : lames en bois massif (souvent de 28 à 70 mm) s’emboîtant par rainure et languette. Structure autoporteuse, très rigide, excellente tenue dans le temps si la section est suffisante.
- Abris ossature bois / type charpente : structure réalisée en montants et traverses (type ossature de maison bois), avec habillage en bardage. Très modulable, idéal pour les projets sur mesure.
Pour un usage intensif ou un abri exposé au vent, il est conseillé de privilégier :
- Des madriers d’au moins 34 mm d’épaisseur, voire 40 mm et plus pour les grandes surfaces.
- Un bois de résineux de classe minimum 3 (épicéa, pin traité autoclave) ou du mélèze/douglas naturellement durable.
- Des menuiseries vitrées avec cadre renforcé si l’abri fait office d’atelier ou de pièce de stockage sensible.
Les marques comme Forest-Style, Solid, Habrita ou Karibu proposent des gammes techniques bien documentées, avec plans et détails d’assemblage, facilitant la préparation du chantier.
Réglementation, implantation et orientation
Avant même de couler un béton ou de commander le kit, la conformité réglementaire et l’implantation sur le terrain doivent être étudiées avec précision.
Points de vigilance principaux :
- Surface et formalités :
- Moins de 5 m² : généralement aucune formalité, sauf zone protégée.
- De 5 à 20 m² : déclaration préalable de travaux en mairie.
- Au-delà de 20 m² : permis de construire obligatoire dans la plupart des cas.
- Hauteur au faîtage et en rive : à vérifier selon le PLU. Certaines communes imposent une hauteur maximale ou des contraintes esthétiques (couleur, type de couverture).
- Distances aux limites séparatives : respecter les reculs imposés par le PLU (souvent 3 m minimum) ou construire en limite dans certaines configurations, selon les règles locales.
L’orientation joue aussi un rôle sur la durabilité du bois :
- Éviter une façade principale totalement exposée au nord en zone humide.
- Préférer une entrée protégée des vents dominants.
- Si possible, prévoir un débord de toiture côté pluie dominante pour limiter les ruissellements sur les parois.
Préparation du sol : drainage et choix de la fondation
Un abri de jardin en bois ne tolère ni remontées d’humidité, ni tassements différenciés. La préparation du sol est donc une étape essentielle, souvent négligée. L’objectif est d’obtenir un support plan, stable, drainant et parfaitement de niveau.
1. Décaissement et couche drainante
Sur un terrain naturel, il est recommandé de :
- Décaisser sur 15 à 25 cm de profondeur, en fonction de la nature du sol.
- Mettre en place un géotextile pour limiter la pousse des adventices.
- Réaliser une couche de forme en tout-venant compacté (0/31,5) sur 10 à 15 cm, compactée à la plaque vibrante, en contrôlant la planéité au niveau laser ou au niveau à bulle avec règle de maçon.
2. Dalle béton pleine
C’est la solution la plus robuste pour les grands abris ou pour un usage d’atelier lourd :
- Épaisseur courante : 10 à 12 cm de béton armé (treillis soudé type ST25). En zone froide ou pour charges lourdes, on peut aller à 15 cm.
- Prévoir un léger débord de dalle de 5 à 10 cm tout autour du futur abri pour protéger la base des parois.
- Respecter une pente légère (1 à 2 %) vers l’extérieur ou utiliser un joint périphérique si l’on souhaite un sol parfaitement horizontal à l’intérieur.
Le haut de la dalle doit être au minimum 5 cm au-dessus du terrain fini afin de limiter les projections d’eau.
3. Plots béton ou plots réglables
Alternative intéressante pour alléger la structure, surtout sur terrain en pente :
- Réaliser des plots béton ancrés hors gel (profondeur selon région, généralement 50 à 80 cm), alignés sous les lignes porteuses de la structure.
- Utiliser des plots PVC réglables (type Jouplast) posés sur une couche compactée de gravier, puis installer des lambourdes en bois traité classe 4.
Cette solution exige une mise à niveau très soignée et une bonne répartition des charges sous les murs et les points d’appui de la toiture.
Montage de l’abri : méthode et organisation du chantier
Une fois la fondation prête et parfaitement de niveau, le montage peut commencer. Même pour un bricoleur expérimenté, la préparation des différentes étapes et l’organisation des pièces sont déterminantes pour gagner du temps et limiter les erreurs.
1. Contrôle du kit et pré-traitement
- Inventorier l’ensemble des pièces du kit à la livraison, en suivant la nomenclature du fabricant.
- Contrôler l’absence de déformations majeures (madriers vrillés, montants fendus, etc.).
- Appliquer si nécessaire un traitement fongicide et insecticide sur toutes les faces non déjà traitées en autoclave, en insistant sur les chants.
2. Pose de la lisse basse et isolation du bois par rapport à la dalle
La lisse basse est l’interface entre le béton (ou les plots) et la structure bois. Pour éviter les remontées d’humidité :
- Dérouler une bande d’arase bitumée (type SIPLAST ou équivalent) entre la dalle et la lisse.
- Fixer la lisse au scellement chimique ou par ancrages mécaniques (tire-fonds + chevilles de type SPIT, par exemple), en contrôlant en permanence l’alignement et le niveau.
- Respecter les entraxes de fixation préconisés par le fabricant (généralement entre 60 et 100 cm).
3. Assemblage des murs
Pour les abris à madriers emboîtés :
- Commencer par les premiers rangs de madriers sur toute la périphérie afin de verrouiller le rectangle.
- Utiliser un maillet en caoutchouc et une cale en bois pour emboîter les lames sans abîmer les languettes.
- Contrôler l’équerrage en mesurant les diagonales à chaque 3 ou 4 rangs. Les deux diagonales doivent être égales pour garantir un abri d’équerre.
Pour les abris à panneaux :
- Monter d’abord deux parois d’angle, contreventées temporairement par des étais.
- Visser les panneaux sur la lisse basse, puis solidariser les panneaux entre eux par vissage et équerres métalliques.
4. Mise en place des ouvertures et renforts
Les cadres de portes et fenêtres doivent être parfaitement d’aplomb :
- Positionner le cadre de porte en veillant à laisser le jeu nécessaire pour les mouvements du bois (surtout en madriers).
- Vérifier la verticalité au niveau à bulle sur les deux faces du cadre et la planéité du seuil.
- Installer éventuellement des renforts métalliques ou des tiges filetées sur les grandes parois pour limiter le flambement.
5. Pose de la charpente et de la couverture
La toiture est un point sensible : elle doit être suffisamment rigide, ventilée et correctement étanchée.
- Monter les pannes, chevrons ou fermes selon le plan du fabricant, en respectant les entraxes et les sections.
- Poser le voligeage (si prévu), puis les éléments de couverture :
- Pour une couverture bitumée (feutre, shingle) : pose sur voligeage continu, en veillant aux recouvrements et à l’alignement des lés.
- Pour des plaques acier ou PVC : fixation sur chevrons avec vis spécifiques à rondelle d’étanchéité, en prévoyant un recouvrement suffisant et une bande faîtière adaptée.
Une ventilation de la sous-toiture (grille anti-rongeurs en bas, chatières ou espace ventilé en faîtage) est conseillée pour limiter la condensation, surtout si l’abri est isolé par la suite.
Traitement, finitions et entretien
Le bois, même traité, reste un matériau vivant. La durabilité de l’abri dépend directement de la qualité des finitions et de l’entretien périodique.
1. Protection des bois extérieurs
- Appliquer une lasure de qualité extérieure (classée pour bois fortement exposés) en deux à trois couches, avec égrenage léger entre couches.
- Dans les zones très exposées (bord de mer, montagne), privilégier des produits haut de gamme comme Sikkens, Blanchon ou Bondex.
- Pour un rendu plus contemporain, une peinture microporeuse spéciale bois extérieur peut être utilisée, sur primaire adapté.
2. Gestion des points singuliers
- Soigner les joints entre abri et dalle (mastic polyuréthane ou silicone neutre) pour éviter les infiltrations par capillarité.
- Installer des bavettes ou gouttières si la taille de l’abri et la toiture le justifient, afin d’éloigner au maximum l’eau de ruissellement des parois.
- Éviter le contact direct avec la terre ou les végétaux : laisser un espace de quelques centimètres entre le bas du bardage et tout massif ou pelouse.
3. Entretien périodique
- Inspection visuelle annuelle : vérifier la tenue des fixations, l’état des lasures, les points de ruissellement et l’état de la couverture.
- Renouvellement des lasures ou peintures tous les 3 à 5 ans environ, selon exposition et qualité du produit.
- Nettoyage doux des parois (eau + brosse souple) en évitant le nettoyeur haute pression trop agressif qui ouvre les fibres.
Liste d’outils et de produits recommandés
Pour un montage propre et durable, l’outillage et les consommables jouent un rôle majeur. Voici une liste indicative à adapter selon la taille de l’abri et la nature du terrain.
- Implantation et contrôle :
- Laser rotatif ou niveau à bulle longue règle (1,5 à 2 m)
- Mètre ruban de 5 ou 8 m, cordeau traceur
- Équerre de charpentier
- Terrassement et dalle :
- Pelle, pioche, brouette
- Compacteur plaque vibrante (location possible)
- Bétonnière (ou béton prêt à l’emploi en toupie pour grandes surfaces)
- Treillis soudé ST25, cales d’enrobage, fers pour plots si nécessaires
- Fixations et quincaillerie :
- Chevilles à expansion ou scellement chimique (Fischer, Spit, Hilti)
- Vis à bois structurelles (Spax, Reisser) pour assemblages critiques
- Équerres de renfort, sabots de solive si structure ossature bois
- Outillage électroportatif :
- Perceuse-visseuse sans fil avec batteries de rechange
- Scie circulaire ou scie sauteuse pour ajustements
- Meuleuse d’angle (pour coupes de fers, éventuels ajustements sur dalle)
- Outillage à main :
- Maillet en caoutchouc, marteau de charpentier
- Jeu de tournevis, pinces, clé à cliquet
- Cutter, ciseaux à tôle pour shingle ou bandes bitumées
- Produits de protection et d’étanchéité :
- Bande d’arase bitumée pour lisse basse
- Mastic polyuréthane ou silicone neutre extérieur (Sika, Rubson)
- Lasure ou peinture microporeuse extérieure haute performance (Sikkens, Blanchon, Bondex, V33)
- Traitement fongicide/insecticide pour bois (si non traité autoclave)
- Protection individuelle :
- Lunettes de protection, gants de manutention
- Chaussures de sécurité, protections auditives
- Masque anti-poussière lors des coupes et de l’application de produits
En combinant un choix de modèle adapté, une préparation de sol rigoureuse et un montage méthodique, un abri de jardin en bois bien conçu peut offrir plusieurs décennies de service, que ce soit pour le stockage, l’atelier ou même un espace de travail annexe. Pour un bricoleur averti ou un professionnel, la clé réside dans l’anticipation : chaque étape gagnée sur le plan de l’implantation et des fondations se traduit par un montage plus fluide et une structure plus fiable dans le temps.
