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Polyuréthane vs polystyrène, tout savoir sur ces isolants pour optimiser la performance thermique de votre bâti

Polyuréthane vs polystyrène, tout savoir sur ces isolants pour optimiser la performance thermique de votre bâti

Polyuréthane vs polystyrène, tout savoir sur ces isolants pour optimiser la performance thermique de votre bâti

Pourquoi s’intéresser sérieusement à l’isolation ?

Avant de parler polyuréthane et polystyrène, remettons les choses à plat : l’isolation, ce n’est pas juste « mettre de la laine quelque part » et basta. C’est ce qui fait la différence entre une maison où on vit bien toute l’année, et une passoire où la chaudière tourne à fond pour chauffer… les moineaux.

Une bonne isolation, c’est :

Et quand on s’attaque aux murs, toitures, planchers ou même aux doublages intérieurs, deux stars de la famille des isolants rigides reviennent tout le temps : le polyuréthane et le polystyrène. Ils ont un air de famille, mais leurs comportements ne sont pas les mêmes. C’est là qu’il faut sortir la loupe… et le bon sens de bricoleur.

Polyuréthane et polystyrène : deux cousins de la même famille

Polyuréthane et polystyrène, ce sont tous les deux des isolants issus de la pétrochimie. En gros, des mousses de plastique plus ou moins denses, transformées en panneaux rigides, parfois avec des parements (kraft, aluminium, etc.).

Leur point commun : une très bonne performance thermique pour des faibles épaisseurs. C’est ce qui les rend intéressants dès que vous manquez de place, par exemple dans une rénovation où chaque centimètre de pièce habitable compte.

Mais derrière ce point commun, la manière dont ils se comportent, leur durabilité, leur réaction à l’humidité ou au feu, et même leur empreinte environnementale, diffèrent pas mal. C’est ce qu’on va voir ensemble, sans jargon inutile.

Le polyuréthane : l’isolant “mince” qui envoie du lourd

Le polyuréthane (souvent noté PUR ou PIR pour sa version plus performante et plus stable au feu) est une mousse rigide à cellules fermées. Dans le commerce, vous le voyez surtout sous forme de panneaux, parfois parementés alu ou kraft, ou en mousse projetée par des pros.

Les forces du polyuréthane

Les limites du polyuréthane

Où le polyuréthane est souvent pertinent ?

Pour vous donner une image de chantier : c’est l’isolant que je choisis souvent quand le client me dit « je veux une bonne isolation, mais je ne veux surtout pas perdre de surface ». Et là, oui, le polyuréthane fait le job.

Le polystyrène : le classique qu’on croise partout

Le polystyrène, vous le connaissez sûrement sous ses formes principales :

Les forces du polystyrène expansé (EPS)

Les forces du polystyrène extrudé (XPS)

Les limites du polystyrène

Où le polystyrène est souvent pertinent ?

C’est un peu le “couteau suisse” bon marché : pas parfait, mais suffisant pour beaucoup de situations, surtout si la mise en œuvre est soignée.

Polyuréthane vs polystyrène : le comparatif rapide

Pour y voir plus clair, imaginons que vous soyez autour de l’établi avec moi, en train d’hésiter entre les deux. Voilà comment je résume souvent :

Quel isolant pour quel chantier ? Quelques cas concrets

Passons à ce qui vous intéresse vraiment : “chez moi, je mets quoi ?”. Voici quelques situations fréquentes.

1. Isolation de combles aménagés, hauteur limitée

Vous avez des combles déjà à la limite en hauteur sous plafond, mais vous voulez isoler correctement sous rampant.

2. Isolation d’une façade par l’extérieur

Objectif : améliorer la performance thermique sans perdre de place dedans, et rafraîchir la façade.

3. Isolation d’une dalle de garage ou d’un plancher bas

Le sol est froid, vous voulez isoler sous ou sur une dalle, parfois avec passage de voiture ou charges lourdes.

4. Rénovation intérieure d’un petit appartement

Vous voulez isoler les murs par l’intérieur sans perdre trop de mètres carrés.

Performance thermique : quelques ordres de grandeur

Pour comparer, parlons chiffres sans se perdre dans les détails. La performance, c’est le fameux R (résistance thermique), qui dépend du lambda et de l’épaisseur.

À la louche, pour viser un R autour de 4 à 5 m².K/W (courant pour murs/toitures en rénovation performante) :

Évidemment, ça dépend des produits, mais cela donne une bonne idée : le polyuréthane permet de gagner quelques précieux centimètres. C’est exactement ce qui fait qu’on lui pardonne pas mal de choses sur certains chantiers.

Mise en œuvre : les bonnes pratiques pour ne pas ruiner la performance

Vous pouvez acheter le meilleur isolant du monde, si la pose est bâclée, vous aurez juste vidé votre portefeuille pour pas grand-chose. Quelques rappels qui valent pour les deux familles.

Éviter les ponts thermiques

Gérer l’humidité

Protection au feu

Sur le terrain, la différence entre un chantier “top niveau” et un chantier moyen, ce n’est pas le type d’isolant : c’est 90 % la rigueur de la pose.

Budget, aides et rentabilité

Sur le plan du portefeuille, le polystyrène est généralement plus abordable, surtout en EPS. Le polyuréthane coûte plus cher au mètre carré, mais il apporte plus de performance pour moins d’épaisseur.

Pour un même niveau de performance globale, l’écart de prix n’est pas toujours aussi énorme qu’on l’imagine, surtout si vous économisez sur d’autres postes (moins d’épaisseur = moins d’ossature, moins d’emprise, etc.). Mais en rénovation serrée niveau budget, l’EPS reste clairement dans la course.

Côté aides financières (MaPrimeRénov’, CEE, etc.), ce sont surtout les performances (R atteints) et la nature du chantier (mur, toiture, plancher) qui comptent, plus que le type exact d’isolant. Un R de 5 reste un R de 5, que vous l’obteniez avec du polyuréthane, de l’EPS ou un autre matériau.

Impact environnemental : le point délicat

Ni le polyuréthane ni le polystyrène ne gagneront un concours de vertu écologique. Ils restent :

En face, on trouve des isolants biosourcés (laine de bois, ouate de cellulose, chanvre, etc.) qui marquent des points niveau bilan carbone et confort d’été. Mais ces derniers demandent souvent plus d’épaisseur pour atteindre les mêmes performances thermiques, et ne conviennent pas à tous les cas d’usage (notamment contact direct avec l’eau, compressions importantes, etc.).

À mes yeux, la vraie démarche responsable, c’est :

Mon avis d’artisan-bricoleur : comment trancher entre les deux

En chantier, je choisis rarement un isolant juste “par habitude”. Je regarde :

Si vous manquez cruellement de place et que vous visez une bonne isolation, le polyuréthane a un vrai avantage. Pour des solutions plus économiques, plus “standard”, avec un peu plus d’épaisseur disponible, le polystyrène reste un allié fiable, surtout en façade ou en plancher.

L’essentiel, au final, c’est de sortir de la logique du “je prends ce qu’il y a en promo au magasin de bricolage”. Prenez le temps de réfléchir à votre bâti, à vos priorités, et à la durée de vie du chantier. Votre maison, ce n’est pas un décor de cinéma : l’isolation que vous posez aujourd’hui, vous allez la vivre pendant des années.

Et si, en montant vos panneaux, vous sentez que ça sent un peu le plastique plus que le bois coupé… dites-vous que c’est le prix à payer, parfois, pour gagner quelques centimètres et quelques degrés de confort. L’important, c’est de le faire en connaissance de cause, et avec des gestes soignés.

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